08.17
Descriptif :
Cyclosportive : La Madeleine 2014
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Savoie
Ville de départ : Saint-François-Longchamp (73130)
Difficulté : Haute
Distance : 140km / Dénivelé : 4320m
Durée : 6 heures 30 minutes
Sport : Cyclisme Route
Question : Comment faire pour récupérer d’un Galérien du Ventoux qui m’aura laissé sans jambes ?
Réponse : Se donner un nouvel objectif. Sans stress du résultat bien sûr car la fatigue est bien là, mais juste profiter d’un endroit sympa et de l’organisation d’une cyclosportive.
Après une courte recherche sur internet, je suis tombé sur la cyclo « La Madeleine » organisée par l’office de tourisme de Saint François-Longchamp, une station de montagne construite sur les pentes du col de la Madeleine. Voyons maintenant ce qu’offre le tracé : un parcours de haute montagne ponctué par 4 ascension dont le fameux et difficile col de la Madeleine. Le parcours est court, 140km avec neutralisation des 15 premiers, mais affiche pourtant un dénivelé approchant les 4320m ! Soit autant que sur les 220km des 3 Ballons Master !
Familiale et conviviale, seul 66 participants répondent présents sur le grand parcours. Nous sommes donc bien loin de la cohue de l’Etape du Tour, ce qui permet aux organisateurs de soigner l’ensemble des concurrents : prise en charge des k-Way après la première descente, fléchage et signalisation sans faille, ravito peut-être un peu ledge mais un repas savoyard savoureux et copieux à l’arrivée (O tendres crozets O éclair O caramel) ! Une super épreuve donc 🙂 !
Maison du Tourisme de Saint François-Longchamp : le départ neutralisé comme le retrait des dossards a lieu, une fois n’est pas coutume, vers 9h seulement. Cette heure « tardive » à l’avantage de nous permettre d’apprécier la percée des premiers rayons du Soleil. Le bonheur…. d’autant que la météo est au beau fixe et contraste avec le temps capricieux de la semaine. Et il est mieux ainsi car nous évoluerons aujourd’hui plusieurs fois entre 1000 et 2000m d’altitude.
Consigne de sécurité habituelle, information du le parcours et c’est partit! Nous nous lançons dans la longue descente devant nous mener à la Chambre, pour un départ réel cette fois. L’allure est neutralisée, pas de soucis de ce coté là, mais le soleil si agréable n’a à cette heure ci pas encore touché le fond de la vallée et c’est crispé sur les freins que j’effectue cette première et froide descente. Je profite néanmoins de l’allure régulée pour effectuer une pause technique, ce qui me permettra par la suite de laisser couler et de rendre ainsi la fin moins contraignante.
Après avoir attendu l’ensemble des participants et permit à chacun de déposer les affaires devenues encombrantes, le départ officiel est enfin donné. Avec quelques minutes de retard sur le planning certes, mais dans le respect complet de tous les participants.
Comme d’habitude, les 20 premiers mètres sont calmes puis un virage à droite marque le début des hostilités. La vallée de la Maurienne en mode chrono quoi. L’allure est très rapide, car peu de participants mais des bons, et le 50×12 se montre ici limite. Ceci m’oblige à mouliner, chose qui semble contrarier mon genoux depuis les 3 ballons. Heureusement victime d’un kit de réparation fugueur, je dois m’arrêter pour le refixer. Laissant ainsi lâchement s’échapper le peloton, je n’aurais à partir de là plus de problème pour suivre mon rythme…
La montée du chemin des Vignes voit la reformation d’un petit groupe de 4 qui m’aidera jusqu’à l’entame des premières pentes du col de Champlaurent. Ce dernier culmine à 1116m et devrait être le plus facile de la journée. Peu connu (Tour de France 1980 seulement), ce col est pourtant très beau. La route affiche un pourcentage proche de 8,2% durant 9,8km. J’ai de nouveau du mal à m’imposer un rythme rapide, victime probablement à ma trop grande disposition ces derniers temps aux efforts prolongés.
Je zappe le ravito installé à 1km du sommet avant de basculer dans une courte mais rapide descente. Le Grand Cucheron (1139m) se présente alors comme la deuxième difficulté de la journée. Une fois encore ce col est méconnu : 4 km dont les 3 derniers donnés à 9% de moyenne, qui valent le détour. J’y croise un participant en quête d’air, probablement victime du départ un peu trop rapide.
Je rejoins dans la descente un Fondus et avec qui j’effectuerai une partie de la liaison vers Pontamafrey-Montpascal.
Cette petite commune marque le début de l’un des moments fort de la journée, à savoir l’ascension des lacets de Montvernier. Ces virages forment aussi les premiers kilomètres du Col de Chaussy (1553m, 14km à 7,4% de moyenne et des passages à 11%). Les premiers kilomètres sont pour le moins spectaculaires. Construite à flanc de falaise, la route voit se succéder 18 épingles surplombant la vallée de la Maurienne et n’ayant rien à envier à celles de l’Alpes d’Huez. Le plaisir est total. 400m de dénivelé en 3km avant de traverser le village de Montvernier et revenir à une route disons … plus classique. La vue sur les cimes environnante est magnifique, le panorama sur les aiguilles d’Arves imprenable.
Arrivé à Montpascal, je m’arrête brièvement pour faire le plein des bidons à la fontaine. L’eau fraîche ne suffira probablement pas à me redonner de bonne jambes mais elle arrive à point nommé car la chaleur est désormais suffocante. Il ne reste que quelques petits kilomètres avant de franchir le sommet col, une éternité positive.
J’effectue un descente prudente car la route est sur ce versant relativement piègeuse. Un petit pont enjambant un torrent à d’ailleurs été emporté par les pluies. Temporairement reconstitué de graviers, la signalisation mise en place prévient parfaitement du danger.
Nous y voilà, l’ascension du célèbre col de la Madeleine (1993m). Cette ascension est souvent citée, si ce n’est parmi les plus durs, dans la catégorie des Mythes. Arrivant depuis Montaimont, les premiers kilomètres nous seront cependant épargnés. Mais il en reste tout de même 14. Les pourcentages sont soutenues (9,7% de moyenne annoncé pour la montée complète), je suis et je reste tout à gauche. Mes sensations sont néanmoins meilleures que dans le final du Chaussy.
Le passage du par-avalanche est terrible mais l’ascension est plaisante. La reconnaissance effectuée en voiture la veille s’avère particulièrement utile. Tiens, mais voici le parking de la pause casse-croûte. N’ayant alors pu m’empêcher de me moquer des cyclistes peinant dans l’épingle située en contrebas, j’aurais moi-même tout le temps d’y admirer les cheminées des fées de Montgellafrey !!! Curieuses mais finalement pas si rares les demoiselles coiffées!
Je laisse Saint François-Longchamp 1450 sur ma droite. Mes yeux décomptent maintenant les bornes kilométriques, tandis que j’essaie de faire le vide dans mon esprit. Chaque coup de pédale est une petite victoire…
Je dépasse maintenant Saint François-Longchamp 1650 où je devrais redescendre pour le repas et la douche….Quelle mauvaise pensée, il me reste 5km à couvrir mais le plus dur est derrière moi. Le paysage s’ouvre sur des alpages, territoire des moutons et des marmottes. Je repense à la belle rando des lacs bleus et blancs. C’était hier…
Il reste quelques centaines de mètres lorsque résonne dans ma tête un « Pourtant… Que la Montage est RaideE, Comment… Peut on y Arriver?… » qui me fait sourire. Mon regard se porte sous la banderole. Ça y est, je me rappelles.
« Pourtant… Que la Montage est BelleE, Comment… Peut on s’Imaginer?… »
Le ciel dégagé découvre un paysage superbe, avec à droite, le massif de la Lauzière, à gauche, le Cheval-Noir, les massifs des Écrins et des Grandes Rousses se dressent en arrière plan tandis que sur le versant Tarentaise, le Mont-Blanc trône, Unique! Magique !
Après une courte frayeur puisque la puce semble dans un premier temps ne pas avoir fonctionné, je serais finalement classé 54°/66 avec un temps de 6h30min. Pas glop donc mais l’état de fraîcheur ne permettait pas d’espérer beaucoup mieux. Avis aux amateurs en tout cas, cette Madeleine gagne vraiment à être connue.
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